88, bd de l’hôpital – 75013
The spot chinois pour y déguster de (bonnes) choses complètement improbables tel qu'un crabe d'Alaska à 15€ ou bien encore des beignets d'intestins de porcs. Rassurez-vous, vous prendrez aussi votre pied dans cette cantine en vagabondant sur des plats plus accessibles. Un concours de pourléchage de babines vous attend pour moins de 20€.
Type de cuisine : chinoise, très très traditionnelle…
Ambiance : roots de chez roots. Ambiance table en formica et serviettes d'un micron d'épaisseur. C’est un boui-boui où les toilettes sont situées dans l’immeuble attenant. Mais on n’y va pas pour ça.
Prix/Plaisir : nul/correct/bon/excellent
Vous savez quoi ? J'écoute en ce moment "Rappers Delight" du Suggarhill gang. Une sorte de shoot de bonne humeur que je peux prendre à tous moments. La fluidité, l'efficacité du flow, la récurrence de la mélodie. Tout y est en 7mn07. Et bien Shan Dong et ses délices seraient ce que le Suggarhill est au hiphop, une icône de la old school de la Chinoiserie question food.
"Now what you hear is not a test--i'm rappin to the beat. And me, the groove, and my friends are gonna try to move your feet".
J'ai donc moové mes feet vers ce restaurant errant ce soir d'août dans un Paris déserté, interloqué par une terrasse pleine à craquer à une époque de l'année où Paris rassemble moins d'habitant que la Creuse un 14 juillet.
C’était les Délices de Shan Dong. Un de ces restaurants dont j’avais lu quelques critiques alléchantes mais prévenantes tant les plats peuvent sembler bien loin des bœufs à l’oignon insipides et leurs sinistres cohortes de riz cantonais.
J’avoue avoir un faible pour ces établissements qui n'offrent qu'un plaisir : bien manger pour pas cher. Qu’on se le dise : on vient ici pour manger et s’en mettre plein la panse, les doigts et par la magie de la physique des fluides appliquée à la sauce soja, ma chemise.
Une carte longue comme le barrage des trois gorges m’a fait découvrir:
Des oreilles de cochon servies avec une poêlée de légumes. Plutôt marrantes les oreilles, sans pour autant déménager.
Un crabe venu de je-ne-sais-où (Alaska, Russie ?), très bien assaisonné et calibré pour deux personnes (15€). Tellement mou, que l’on croque tout ce qui nous passe sous la main pour en sucer la chair. Une expérience radicale et bien différente de celle du tourteau de Roscoff. Des raviolis de porcs puis de crevettes tout à fait corrects mais surtout, …, maison (10€ les 12 pièces)
Des intestins de porcs passés dans un appareil à beignet et que l’on déguste comme la peau du canard laqué, c'est-à-dire roulés dans une crêpe de riz avec du blanc de poireau et du concombre, trempés dans une sauce brunâtre (sauce hoisin, sauce huitre, pâte de graines de soja, huile de sésame et sucre).
Arrosez ce repas d’un litre de bière locale et vous êtes dans l’ambiance. Comptez entre 20 à 25€ pour un repas très copieux.
En rentrant chez moi, j'étais tellement bien que je me suis balancé un "Shame on a Nigga" du Wu-Tang à en fissurer les vitres de ma voiture. C'est fou comme un bon repas peut procurer comme bien être.
J'ai aimé : le voyage immobile que procure l'expérience.
J'ai regretté : l'hygiène du lieu. Sympathique quand on backpack en Asie mais là c'est un peu too much. Pour ceux ou celles qui y sont trop sensibles, je déconseille l'adresse au risque de gâcher sa soirée.