45, rue Boulard, 75014. Tel : 01 53 90 76 22, Métro Mouton Duvernet. Ouvert du mercredi au samedi soir
Dans la tendance du moment qui veut qu'on s'extasie devant la simplicité d'un produit en le dénaturant le moins possible, je demande le Jeu de Quilles. Je l'ai dégusté un soir d'été avec une tablée d'amis et ce fut un véritable moment de jouissance et de partage. A.Ducasse le signale dans son récent ouvrage sur ses adresses parisiennes, on est donc plutôt mal barré question fréquentation du lieu. Comptez 50-60€.
Type de cuisine : resto de copains. Ils n'oublieront pas pour autant de vous amener l'addition.
Ambiance : amateurs de bonne chair ayant trouvé une planque et qui en profitent avant qu’elle ne devienne trop courue.
Prix/plaisir : nul/correct/bon/excellent
J’ai passé une merveilleuse soirée au jeu de Quilles. Vous savez, de celles qui vous gratifient le lendemain d'emails de remerciements de la part des convives pour avoir su identifier un endroit qui fait les bons souvenirs de la vie.
Tout d'abord une cuisine simple et très, très, très savoureuse : j’ai été bouleversé (si, si) par le carpaccio de veau et sa burrata (une mozarella qu'on croirait accouplée avec un Gervita et qui offre une suavité incomparable au palais) accompagnée d’un tartare d’artichauts. Je me suis roulé par terre en mangeant un camembert de chez Bordier (Ca y est, je me mets à namedroper des marques. Suis-je atteint de Figaroscopite ?). Je me suis enfin totalement laissé guider par le chef pour choisir les vins et je n’ai été déçu d'aucune des cinq bouteilles qui ont ponctué le diner. Une prouesse à Paris (Patrimonio d’Yves Leccia notamment).
La soirée débuta par un brin de causette avec les deux patrons. Le chef est un ancien gardien de phare qui s’est reconverti dans la cuisine après avoir annoncé au commandant de l’Amoco Cadiz « Allez-y, rien a l'horizon ! » (bad joke).
« Vous voyez, je n’ai qu’une plaque et un four » : C’est vrai que sa cuisine ouverte sur un zinc lui-même ouvert sur la salle, ressemble plus à une cuisine familiale qu’à celle d’un restaurant, mais ça ajoute du charme à cet établissement qui décidemment, en déborde: s'ajoutent à la cuisine, une décoration basique mais intimiste, un accueil viril mais sympathique, un chef malin qui travaille essentiellement de très bons produits (fromage Bordier, veau d’H.Desnoyer, olives-qui-tuent et cela se ressent directement dans l’assiette. Les assiettes sont joliment dressées, sans chichis, en cohérence avec le style des produits qui sont préparés.
La formule gagnante est en place : beaux produits, accueil et décoration décontractés, très bonnes bouteilles démarrant à 20€, menu carte resserré. A la fin du repas, nous étions littéralement " comme des fous".
J'ai aimé : le carpaccio de veau et sa burrata
J’ai mangé : gaspacho avec un peu de fond brun, carpaccio de burrata et de veau (dans la noix), pièce de bœuf rôtie et légumes poêlés, fromage, cognac
J'ai regretté : le prix, qui peut taper sur la tête si on se lâche sur les vins